Effets indésirables des antidépresseurs

La plupart des effets gênants apparaissent au début du traitement et s'atténuent en une à trois semaines. Quelques-uns persistent, et deux ou trois justifient d'appeler rapidement le médecin. Distinguer les trois catégories évite autant les arrêts inutiles que les banalisations dangereuses.

Effets des premières semaines

Nausées, maux de tête, bouche sèche, somnolence ou au contraire insomnie, nervosité et tremblements fins dominent le début du traitement. Ils cèdent généralement seuls. Prendre le comprimé au cours d'un repas atténue les troubles digestifs, et déplacer la prise du matin au soir, ou l'inverse, règle une bonne part des problèmes de sommeil.

Effets durables

Les troubles sexuels, baisse du désir, retard à l'orgasme, troubles de l'érection, sont fréquents sous ISRS et persistent souvent tout au long du traitement. La prise de poids concerne surtout la mirtazapine et la paroxétine. Ces effets sont rarement rapportés spontanément par les patients, et ils constituent pourtant l'une des principales raisons d'interruption. Ils se discutent avec le prescripteur, qui dispose de solutions : changement de molécule, ajustement de la dose, mesures associées.

Situations qui imposent un avis rapide

Une agitation inhabituelle, une aggravation de l'anxiété ou l'apparition d'idées noires dans les premières semaines, en particulier chez l'adolescent et le jeune adulte, justifient un contact sans attendre. Il en va de même d'une confusion avec fièvre, sueurs, tremblements et raideur musculaire, tableau qui évoque un syndrome sérotoninergique et survient surtout lors de l'association de plusieurs médicaments sérotoninergiques, y compris certains antimigraineux, le tramadol ou le millepertuis. Chez la personne âgée, une somnolence, des chutes ou une confusion peuvent traduire une baisse du sodium sanguin. Enfin, l'association d'un ISRS à un anti-inflammatoire ou à un anticoagulant augmente le risque hémorragique et doit être signalée au pharmacien comme au médecin.

Si ce sujet vous touche personnellement et que vous traversez une période difficile, en parler à votre médecin traitant ou à un professionnel de santé est la démarche la plus utile ; ces pages n'ont qu'une valeur d'information générale.