Arrêt d'un antidépresseur

Un antidépresseur ne se supprime pas du jour au lendemain. L'arrêt brutal expose à un syndrome d'arrêt souvent déroutant, que beaucoup interprètent à tort comme une rechute immédiate ou comme une dépendance au médicament. Ce n'est ni l'un ni l'autre : le cerveau, habitué à une concentration stable, réagit à sa disparition rapide.

Syndrome d'arrêt

Il associe des sensations vertigineuses, des impressions de décharges électriques dans la tête, une irritabilité, des troubles du sommeil, parfois des symptômes évoquant une grippe. Il débute dans les quelques jours qui suivent la diminution et se distingue d'une rechute par sa précocité, par la nature physique des symptômes et par leur disparition rapide si la dose antérieure est reprise. Il est nettement plus fréquent avec les molécules à demi-vie courte, la paroxétine et la venlafaxine en tête, et rare avec la fluoxétine, dont l'élimination lente assure une décroissance naturelle.

Décroissance

La réduction se fait par paliers, sur plusieurs semaines et parfois plusieurs mois lorsque le traitement a été long. Le rythme se règle sur la tolérance : un palier qui se passe mal se prolonge plutôt qu'il ne s'accélère, et les dernières diminutions sont souvent les plus délicates. Le moment compte aussi, un arrêt se préparant mal en période de forte tension personnelle ou professionnelle. Toute cette organisation se décide avec le médecin qui a prescrit le traitement : lui seul dispose des éléments pour juger du bon moment et du bon rythme.